• Les hommes et moi

    Tu me manques, sale con

    Cet été, j’étais au fond du trou, et tout le monde s’en fichait. Enfin non, j’exagère. Je me souviens de ces quatre amies que j’appelais à tour de rôle, chacune son tour de garde. Je me souviens des conférences de Laurent Gounelle, du carnet dont je t’ai parlé. Je me souviens que pas une seconde je ne pouvais tolérer le silence. Je me sentais seule au monde. Cet été, j’ai cru que jamais je ne pourrais rien vivre de plus dur, et j’ai dû m’en extirper seule. Personne n’a essayé de se mettre à ma place. Tout le monde avait une bonne raison. Une place délicate, d’autres gens à voir,…

  • Vie intérieure

    Petite leçon de pardon

    « Bon sang si tu devines ce que j’ai fait ce soir je te paie un verre ! Ce soir, je l’ai pardonnée, et c’était génial, j’ai pleuré dans ses bras, je tremblais de la tête aux pieds, ça m’a fait un bien fou.(…) Ouais exactement ! Je suis super contente. (…) Oui alors par contre je sais pas ce que t’as de prévu pour ce week-end, mais dans la journée j’ai appris une autre trahison et je sais pas encore qui, mais on a quelqu’un à éviscérer. » Je n’ai jamais eu l’âme pacifique, de toutes façons.

  • Les hommes et moi

    Brève saignante

    Ce soir en sortant du boulot je suis passée à Monoprix où j’ai acheté : un ourson en chocolat un paquet de cookies une bûchette de chèvre deux paquets de serviettes hygiéniques A ce stade, je me suis dit que quitte à être aussi subtile j’aurais carrément pu aller voir le caissier et lui dire direct : « Bonjour, moi c’est Philomène et j’ai mes règles. »

  • Les hommes et moi

    J’ai 30 ans, et tu es mon premier chagrin d’amour

    Faut vraiment être con pour avoir son premier chagrin d’amour à 30 ans. Sérieusement, c’est pas un âge fait pour ça. J’aurais tellement préféré que ça me tombe dessus quand j’étais à la fac, alors j’aurais séché des semaines durant, je me serais enfermée dans mon petit studio, les volets fermés, et tant pis pour les plantes, j’aurais écouté en boucle des chansons tristes à en crever et j’aurais traîné en pyjama, incapable de distinguer le week-end de la semaine et le jour de la nuit. Ma vie n’aurait plus été rythmée que par le bruit sourd du tram A (ou était-ce le E ?) derrières mes volets clos. Je…

  • Vie intérieure

    Comment font les gens

    Comment est-il seulement possible de ressentir un manque aussi violent et d’être aussi incroyablement heureux dans un même battement de cœur ? Comment le corps et l’âme peuvent-ils supporter l’accumulation d’une telle déchirure et d’un tel éclatement de bonheur ? Comment font les gens qui ne sont pas des artistes ? Comment supporter le malheur quand on ne peut le compenser par l’incommensurable bonheur prodigué par la création ? Souvent j’oublie ce que je dois à l’écriture. Souvent j’oublie qu’elle est mon premier amour, mais surtout le plus fidèle. Souvent, j’oublie que sans elle, je serais juste une épave de tristesse et de névroses. Que mes colères flotteraient inutilement comme…