Photographie

Mon butin aux ateliers de Marinette

Les ateliers de Marinette je ne t’en ai toujours pas parlé, non pas parce que j’ai oublié, mais parce que j’ai voulu te faire un joli article sur comment j’ai trouvé mon réflex argentique, et que ça a (légèrement) digressé sur pourquoi en ce moment je préfère l’argentique au numérique, et autant te dire que vu le tournant qu’a pris cet article, j’étais pas prête de t’en parler, des ateliers de Marinette. Pourtant, c’est probablement mon nouvel endroit préféré de Lyon (avec le rayon chocolat de Monoprix) (les promos des chocolat de Pâques c’est le mal). Je l’ai découvert par hasard en me baladant dans Saint-Georges la semaine dernière (mon quartier préféré après Croix-Rousse, mais comme ils ont apparemment de terribles problèmes d’humidité, je crois que je vais finalement rester sur ma colline), et le concept a immédiatement ravi mon cœur (c’est vieux et c’est fun), et j’ai aussitôt commencé à chercher des cadeaux pas chers à faire à mes potes.

Oui, à ce moment de l’histoire, j’étais encore un peu vite fait riche, et je comptais le rester. Mais l’univers en avait décidé autrement. Car oui, j’étais concentrée sur les clés anciennes (à qui pourrais-je donc en offrir une ? et pour quoi faire au juste ?) quand d’un coup d’un seul, je me suis retrouvée face au rayon argentique du magasin. Et oui, je te parle de rayon, parce qu’on est pas juste face à 4 pellicules qui se battent en duel ( » Vous voulez de la 400Tmax ou Ilford HP5 + 400 ? De la nouveauté ? Non pas pour aujourd’hui, merci.« ), mais face à un choix de pellicules en 120 et en 35 mm (et potentiellement aussi des formats auxquels je ne comprends rien), du neuf, du périmé, et tant de choses que j’ai pas tout noté, de la variété te dis-je. Mais ça c’est juste les pellicules, parce qu’il y a aussi un fort joli choix de polaroids (pas des instax, des vieux, des vrais), de la chimie pour développer toi-même tes jolies petites pellicules et puis des argentiques, tous révisés et restaurés dans les ateliers (de Marinette), fonctionnels donc, et moi j’aime l’argentique*, sauf que je débute, et qu’acheter des appareils en mode « allez on verra bien si ça marche » pour tomber sur des machins foireux, ça me fait rigoler cinq minutes, mais guère plus, parce que moi je veux bien passer mes dimanches à bidouiller des appareils, mais d’abord j’aimerais bien prendre des photos, plutôt que de fondre en larmes parce que la photo me déteste (encore). Et là, le vendeur, il est au top. Je lui ai expliqué mes passions dans la vie (portrait et profondeur de champ, merci bien), et il m’a sorti un putain de reflex Nikkormat avec un objectif à focale fixe 105 mm, une cellule fonctionnelle, et il m’a tout montré, tout expliqué, et le top, c’est que je peux revenir si j’ai un souci (mais cet appareil est tellement exceptionnel qu’il y a assez peu de risques que ça se produise). C’est à ce moment que j’ai bien compris que cette boutique était d’un terrible danger pour moi (et que finalement la photo m’aimait un peu quand même).

Intuition qui m’a été confirmée aujourd’hui. Tu me diras aussi que j’aurais pu commencer par éviter la tentation d’y revenir, mais l’appel de la photographie fut le plus fort. En effet je savais qu’il y aurait un arrivage de films polaroid anciens, et je ne voulais pas rater ça. Comme tu le sais le polaroid est un de mes formats préférés, sauf quand je le déteste, et maintenant que j’ai quelques appareils stables, j’ai un peu plus le goût du risque avec les autres (ou alors je me suis juste habituée, va savoir). Et puis je ne sais pas si c’est le printemps ou quoi, mais je me sens d’humeur polaroidienne. De fait voici mon butin du jour :

J’ai donc trouvé ce pour quoi j’ai traversé la ville, à savoir des films polaroid de 1987 (commeuh moiiii), 1994 et 1998. On notera que non seulement c’est pas plus cher que ceux qu’on trouve à l’heure actuelle, mais qu’en plus il y a deux photos de plus par paquet (je chipote, exactement).

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Au passage j’ai fait l’acquisition d’une pochette annotée de photographe qui rendra à merveille dans mes toilettes dont je suis en train de reprendre toute la déco, et alert spoiler, ça tournera autour de la photo (j’essaie désespérément de ne pas avoir une déco qui tourne à 100% autour de la photo, et pour le moment le résultat est mitigé) (y a aussi un chat et des plantes qui se font manger par le chat, on va dire que ça compense).

Mais alors la découverte du jour, c’est ça :

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Nous parlons donc du tout petit machin qui est devant le Brownie, pour vous donner une idée de l’échelle.

A Noël en rangeant ma chambre d’ado, je suis retombée sur ce petit appareil que j’ai traîné toute mon enfance et que j’ai toujours cru être un jouet. Ravie par l’à-propos de la découverte, je me suis dit que j’allais le ramener chez moi pour le mettre en déco  (comme dit plus tôt, je refuse que mon appartement soit blindé d’appareils vintages et inutilisables, mais vu la taille du bidule, je me suis dit que ça le ferait). Et voilà qu’il prend place sur une petite étagère. Mais comme je suis de nature nerveuse, un soir que je suis au téléphone, je prends l’appareil dans mes mains et je me mets à le bidouiller dans tous les sens. Je l’ouvre et, quelle n’est pas ma surprise de tomber sur une pellicule toute bibi marquée « exposed ». Là, je me dis que c’est pousser le concept du jouet un peu loin et je me renseigne sur internet.

Figure-toi que c’est pas du tout une blague et que les appareils miniatures existent bel et bien. Certains pour l’espionnage et d’autres, comme mon petit Colly, en vente partout et nulle part pour le tout venant. Le Colly date de 1955, il n’est pas très difficile à trouver, et niveau finition on est pas loin de la blague (je pense qu’il laisse bien bien filtrer la lumière) (mais je m’en fous j’ai du scotch noir), mais j’ai quand même bien envie de le tester. Une seule lentille, une seule vitesse, pas une réputation de malade quant à la qualité des images obtenues… On est vraiment dans l’expérimental ! Ma première difficulté est de trouver un labo ou quelqu’un qui puisse me développer la pellicule parce que moi, clairement, je ne me vois pas manipuler un truc aussi bibi, vu mes galères avec du 35 mm (et puis j’ai plus de matériel). Je n’ai absolument aucune idée de qui a pris ces photos et j’ai la sensation d’avoir un trésor inestimable en ma possession ! (Limite je suis plus intriguée par la pellicule que par l’appareil). La deuxième, c’était bien sûr de trouver des pellicules, parce que développer c’est bien, mais j’aimerais aussi voir ce qu’a l’appreil dans le ventre quand je connais les conditions de prises de vues. Evidemment, ça ne se fait plus, mais j’ai tenté ma chance chez Marinette, et une fois encore elle ne m’aura pas déçue ! (oui, je sais que Marinette n’est pas un être vivant, mais tu devrais le savoir depuis le temps que je personnifie toujours tout). Bon ça résout pas le problème du développement, on est d’accord… En tous cas cette nouvelle année photo promet d’être nettement plus excitante que la précédente ! (il va se passer des choses quoi.)

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A gauche, une pellicule pour le Colly, au milieu, le pack de péloches (pas trop encombrant dans le sac, ça va) et à droite, un paquet d’allumettes pour l’échelle.

* Nous vous demanderons de prendre une minute pour admirer l’effort surhumain produit par votre chroniqueuse pour ne pas (re)dévier sur le sujet et s’en tenir bravement à l’histoire qu’elle s’était décidée à raconter. Merci.

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