Les hommes et moi

Contrairement à une croyance populaire…

… il n’est pas nécessaire d’être en couple pour plaire à d’autres personnes. Non, ce n’est pas le glow du bonheur qui attire les hommes comme des mouches à vos côtés. Peu importe à vrai dire que vous soyez aigries et fatiguées par les déceptions, car ils n’en ont cure. Non, ce qui les amènent à fouler vos pas et baiser vos pieds, ce sont tout simplement les tessons de leur fierté que vous venez de piétiner, le jour où vous leur avez avoué que oui, vous aimiez quelqu’un d’autre.

Vous pensiez peut-être qu’à défaut d’être de bons flirts ils étaient de bons amis, et que s’ils vous avaient fuie lorsque vous étiez intéressée, c’était peut-être juste par peur de devoir vous avouer, dans la gêne et l’embarras que non, définitivement, ils vous aimaient beaucoup, mais pas comme ça.

Mais voilà qu’en entendant que vous ne vous languissez plus d’eux, que vous ne frémissez plus en entendant leur nom, oui voilà que soudain ils se jettent à vos pieds, roucoulent à vos oreilles, bannissent toute notion d’espace personnel et envahissent votre bien-aimée bulle.

J’ai une bonne nouvelle pour vous messieurs. Moi aussi j’ai un ego. Peu de fierté c’est vrai, car souvent elle cède devant la peur de passer à côté de quelque chose qui en vaille la peine. On dit souvent que le rejet est la protection des dieux. Dans votre cas, à n’en point douter. Car si votre estime pour moi se mesure à votre comportement, si votre classe naturelle s’exprime dans toute son honnêteté au moment où vous revenez vous pâmer à mes pieds comme des chiots affamés, vous qui me rejetiez avec superbe quelques mois auparavant, non, je ne dois pas être passée à côté de grand chose. Et tout ça pour quoi? La satisfaction basse et vile de savoir que oui, je préfère perdre mon temps avec vous plutôt qu’un autre, et vous permettre ainsi de perpétuer votre vie médiocre avec l’assurance, néanmoins, d’une personne qui soit toujours accrochée à vos basques. Quelle élégance, vraiment.

J’ai eu mauvais goût, je le reconnais. J’ai fait avec ce qu’on me présentait, avec ce que je pensais mériter. J’ai suivi mes attirances, sans me poser trop de questions. Parce qu’à chaque fois je vois le meilleur, avant seulement de soupçonner le pire. En définitive, prise entre affliction et mépris, je ne sais plus si je dois m’excuser d’avoir ne serait-ce qu’une once d’amour propre ou me féliciter, au fond, de n’être point suffisamment désespérée pour vous préférer à mon bien-aimé célibat (qui a le mérite de me respecter, lui).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *