Photographie

Le passage #2 Le plein

Quand j’ai terminé ma première expérience de double exposition et un peu montré mes photos au public (traduire, dans des groupes sur Facebook), ma première idée a été de retenter immédiatement l’expérience en corrigeant mon erreur principale, à savoir la prédominance du blanc. J’ai aussitôt troqué fond blanc contre fond noir, chemise blanche contre chemise noire et fleurettes contre plantes tropicales (parce que j’avais envie). J’avais une idée toute faite de ce que j’allais produire, j’aimais l’idée du contraste ombre et lumière (pas au sens photographique du terme, mais plutôt d’un point de vue émotionnel), et je me voyais déjà vous faire un laïus long comme un jour de pluie sur l’importance d’apprivoiser sa part d’ombre pour obtenir ce plein. Mais ça, c’était en juin et comme d’habitude avec la photo argentique (et mon cerveau), ça n’a pas pris le chemin escompté.

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Je me fais rarement une idée de ce que j’ai produit en photo, principalement parce qu’une photo réussie (à mon sens hein, j’ai bien compris que je ne faisais pas l’unanimité :p) reste un petit miracle inexplicable à mes yeux. Souvent je shoote au petit bonheur la chance, et c’est seulement depuis peu que l’idée de projets a germé dans mon esprit. Lorsque j’ai conduis mon premier projet sur les musiciens j’étais honnêtement trop mauvaise pour faire autre chose que m’ébaubir dès que ma photo avait un cadrage décent (ah, c’était le bon temps !). Maintenant je veux mieux, je veux plus. Je veux que ça raconte une histoire.

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Et franchement, en regardant ma pellicule, je me suis bien demandé quelle histoire ça pouvait raconter. Une fois n’est pas coutume, en découvrant ma pellicule, j’étais obsédée par les défauts : le fait que la prochaine fois que je me lance dans les autoportraits et ben j’attendrai quand même d’avoir perdu un peu de poids avant ; et puis, surtout, le labo qui la première fois avait fait le scan des photos autour des portraits, et cette fois non. Je me suis dit que ça foutait en l’air la symétrie, et puis que ça allait pas avec l’histoire que j’avais prévu de raconter.

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Et puis elle devait être maudite cette foutue pellicule, parce que, pour la petite histoire, quand j’ai shooté, j’ai ouvert l’appareil photo avant de rembobiner la pellicule (c’est très important d’expérimenter dès le départ toutes les conneries possibles en photographie). Sauf que bon, ça se voit pas tellement, alors peut-être était-elle au fond une charmante miraculée ?

J’ai donc agi avec maturité, et j’ai commencé par mettre cette pellicule de côté et par traiter les autres en premier. J’y revenais de temps en temps, j’effectuais mon tri coutumier, j’attendais une espèce d’illumination.

Rien.

J’ai envisagé de virer les photos et de ne jamais terminer ce projet. Sauf que, autant sur le blog je m’en fous (ça va, je vous ai habitué à pire) autant sur le Tumblr et bah franchement ça me faisait chier (« Aurait-elle donc une conscience ? » te demandes-tu peut-être derrière ton écran). Du coup j’ai commencé à publier mes photos, mais je séchais tant et tant sur le texte que j’ai fini par vraiment les regarder, les pitchounes (je parle toujours de mes photos oui), parce qu’au fond elles me plaisaient. Elles ne ressemblaient pas à ce que j’avais imaginé mais finalement en y pensant, moi non plus je n’avais pas pris le chemin prévu. Et puis est-ce que ce n’était pas exactement ce que je cherchais à montrer tout compte fait ? Un passage, c’est ce glissement entre cet instant où on sent qu’il est trop tard pour reculer, mais où on ne sait pas encore ce qui nous attend et la personne qu’on devient. On se réveille un matin et rien n’est plus pareil, ce n’est pas exactement ce qu’on attendait et c’est souvent un peu effrayant mais, si on y regarde de plus près, c’est souvent bien meilleur. Nous dirons donc que parfois, le hasard fait bien les choses.

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