Interlude culturel

J’ai aussi une culture télévisuelle (1)

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Peut-on parler de chef-d’œuvre quand on aborde le sujet des séries télé ? Dans le cadre de certaines, la photographie se défend. Pour d’autres, le scénario sort du lot et parfois la portée humaine dépasse de nombreuses création. Néanmoins, une seule pour moi mérite le titre d’œuvre à proprement parler. Il s’agit, à la non-surprise générale, de Twin Peaks.

Car tu ne le sais peut-être pas, mais il y a un peu plus d’un an j’ai commencé Twin Peaks, et j’ai détesté. Détesté au point de traquer toutes les critiques négatives sur Sens critique, tant j’étais persuadée de passer à côté d’une pièce maîtresse, et tant j’avais besoin de comprendre pourquoi moi, et pas les autres. Au bout de trois épisodes, fatiguée de ce trop-plein de kitschitude, épuisée par l’alternance de passages niaiseux dignes des Feux de l’amour et d’un suspens qui me semblait surjoué, harassée par l’ennui, j’ai abandonné. Et puis, quelques mois plus tard, suite aux rencontres d’Arles, je me suis retrouvée avec un livre de portraits de Lee Miller entre les mains.

Mise en avant toute l’étendue de mes lacunes, toute la superficie de mes connaissances morcelées et parcellaires. La frustration, et puis la lecture d’un blog sur la photo surréaliste, et soudain comme des pièces de puzzles qui s’assemblent. Ce fameux labyrinthe dans je t’ai parlé dans cet article, clairement visible sous mes yeux. J’ai ouvert une nouvelle porte, et derrière cette porte je n’ai pas trouvé que de la photo, mais tout le surréalisme. J’ai compris certains cadeaux qu’on m’avait faits, vertaines oeuvres qui m’entouraient, et comprendre m’a fait, si ce n’est aimer, du moins apprécier. Et quelque part au milieu de ce flot, une révélation :  « mais c’est surréaliste Twin Peaks non ? ».

Je n’avais à vrai dire pas la moindre idée qu’une série puisse s’inscrire dans un courant, ce qui prouve bien mon étroitesse d’esprit dans certains domaines. Mais cette prise de conscience m’a permis d’appréhender différemment la série et d’y voir son génie. Soudain le grotesque, les passages à la limite de l’ésotérisme, la musique, oui, tout prenait sens. C’est ce jour-là que j’ai pleinement appréhendé combien la photographie m’ouvrait à un monde nouveau et que la découverte transversale de plusieurs domaines artistiques ne peut qu’améliorer la perception du monde qui nous entoure.

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