Carnet de route,  Photographie

Je t’ai dit que j’étais partie en Sardaigne ?

C’est une question très sérieuse, parce que si je ne te l’ai pas dit, je ne sais vraiment pas par quel miracle tu y as échappé. Non mais sérieusement, j’ai passé les deux semaines précédant mon voyage à expliquer à tous mes collègues qu’ils allaient devoir faire sans moi parce que vois-tu, je pars en Sardaigne, à repousser les rendez-vous des clients parce que, voyez-vous, je prends cinq jours de vacances en Sardaigne, et à trouver tous les prétextes du monde pour informer tout mon quartier que MEC, JE PARS EN SARDAIGNE (j’ai trouvé ma pharmacienne un peu trop détachée sur le sujet, d’ailleurs, si tu veux mon avis).

Alors là je te vois venir, à dire que tu ne vois pas trop ce qu’il y a d’exceptionnel à partir en voyage. Je sais, tout le monde ou presque le fait, avec une facilité déconcertante. Je suis beaucoup partie plus jeune, je n’ai jamais eu peur de l’avion (bizarrement mon problème à moi c’est le train), et je n’ai jamais ô grand jamais remis mes compétences à voyager en cause. Et pourtant, ce voyage est l’aboutissement de longues années sans plus prendre l’avion, de ne plus voyager sans ma mère ou pour aller dormir chez des copains, sans pouvoir me payer mes vacances. Ces vacances, c’est tout un symbole : moi, partant à l’aventure avec une amie, sans aucune idée de ce sur quoi nous allions tomber, avec l’argent de mon travail, sans le soutien de mon mec. Je les avais mérité ces vacances. Mais c’était si nouveau, si brutal, c’était devenu un concept si abstrait que j’ai réalisé que je partais uniquement dans l’escalator de l’aéroport de Genève.

Parlons-on de Genève d’ailleurs. Ville exotique où un ticket de tram valable une heure coûte 3 euros (bon ok 3 francs suisse mais on va pas chipoter pour si peu). Somme pour laquelle tu peux te payer deux gros morceaux de fromages (en Sardaigne), ton poids en fruits (en Sardaigne), un billet pour un musée (en Sardaigne) ou 5 kilos de fainè (en Sardaigne) (je te parlerai un jour de la fainè, mon nouveau plat préféré). Je t’ai dit que la Sardaigne était mon nouveau pays préféré ?

Pour ta gouverne, oui je suis au courant que la Sardaigne n’est pas un pays, mais crois-moi que ce n’est pas complètement l’Italie non plus. C’est l’Italie, mais bloquée dans les années 90. Si je te jure. T’as qu’à voir les coupes de cheveux là-bas (non je n’ai pas de photos, va savoir pourquoi à l’époque je n’étais pas encore complètement à l’aise avec le fait de photographier des gens juste pour me moquer d’eux). Et puis franchement non franchement… tu peux pas imaginer. Je pourrais te raconter, mais tu ne me croirais pas. C’est un peu le problème qu’on a eu d’ailleurs, avec ma pote, on arrêtait pas de se dire que personne ne nous croirait jamais (on a même gardé le billet de tram de Genève exprès pendant tout le voyage) (si c’était traumatisant). C’est ainsi qu’alors que je n’avais qu’une idée précise sur ce voyage, c’était que j’allais faire de belles photos artistiques, je me suis retrouvée à faire un reportage photo sur tout le what the fuck de cette île improbable. Improbable, mon mot préféré au monde. Mais celui de la Sardaigne aussi, apparemment. Déjà, cette île est clairement restée bloquée dans les années 90, et si tu crois vraiment que les trains en Italie c’est pourri, je te recommande sérieusement de prendre le train en Sardaigne.

Ne serait-ce que pour la joie de cette vue splendide…

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Non ceci n’est pas un bâtiment désaffecté mais la gare d’Olbia, soit juste une des villes abritant un des deux aéroports de l’île. Exactement.

… Sans compter la chance de monter dans un véritable train préhistorique :

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Cette photo a bien été prise en 2017 et non en 1973.

Mais apparemment les sardes aussi ont un problème potentiel avec leur ville :

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(Tu le sens passer le moment où au lieu de faire de la photo artistique je me suis retrouvée à prendre des photos improbables ? Ce voyage n’a pas été exactement tournée comme prévu.)

On notera aussi qu’en Italie le pain est criminel…

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(Oui, je parle italien, inutile de me rappeler que morbido veut dire « moelleux ». Je n’ai pas besoin d’un cours de linguistique, c’est juste marrant.)

… et que les sardes sont un chouïa flemmards :

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Mais qu’ils ont un sens aigu du style :

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Et qu’ils aiment la modernité, définitivement :

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Oui, je crois que la Sardaigne est mon endroit préféré au monde.

Crédits photos : philomenalphenomene.fr

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