Photographie,  Vie intérieure

Summer is coming

Non, je ne parlerai pas météo. Si tu ne comprends pas la référence et de ce fait le sens de cet article, tant pis pour toi. Mais je ne parlerai pas de la canicule à Lyon, il fait chaud, on sait, du coup tout le monde prends cinq douches par jour. Ok. Et cet article va nous parler de douche, justement.

Hier matin j’étais dans ma douche, et je me disais que j’étais folle. Qu’un concert de potes où j’avais mitraillé des musiciens que je connaissais ne justifiait pas la naissance d’une vocation. Que photographe est un métier, un métier d’art et de technique. Hier matin, dans ma douche, je me suis souvenue que j’étais toujours la première à dire que personne ne savait faire avant d’avoir osé se lancer, qu’il fallait bricoler, faire comme si on savait et qu’on verrait bien sur le moment.

Il y a deux jours, alors que je prenais ma douche après avoir parlé avec ma prof, j’ai ressassé ses paroles. La photo c’est une intention, une logique, un désir. Il y a deux jours, dans ma douche, j’ai admis que j’en avais marre de prendre tout et n’importe quoi en photo et que j’étais fatiguée d’attendre d’être prête pour lancer mon projet photo.

Ce matin, dans ma douche, j’ai réalisé que j’avais eu le cran de démarcher un groupe que je ne connaissais pas pour mon projet. Ce matin, dans ma douche, j’ai réalisé que j’avais franchi une limite derrière laquelle j’avais sagement attendue trente années durant.

Mon projet photo est né très tôt. Il m’entourait comme un léger bourdon qu’on sent, qu’on entend, qui gêne, mais auquel on finit par s’habituer. Je le gardais au chaud dans un coin de ma tête en me disant que je le ressortirais bien un jour quand je saurai faire. Sauf que si on attend de savoir faire on ne fait jamais rien et que finalement, n’y a-t-il pas de meilleur moyen d’apprendre que d’essayer sur quelque chose qui compte ? J’ai entendu ma prof me dire que oui, j’avais le droit d’aller au devant des gens. J’avais le droit de monter mon projet, de le défendre, de montrer que je savais ce que je voulais et d’essayer. Parce que sur cinquante photos, j’en réussi toujours au moins deux. Et c’est un très bon début, si tu veux mon avis.

Et oui, ce matin, sous la douche, j’ai réalisé que j’avais monté un projet, que je l’avais présenté avec confiance à mes modèles, que j’avais cherché les contacts, pris les rendez-vous, réfléchi aux concepts. Depuis hier soir, quand je lis un article sur un artiste, je suis impressionnée, j’appréhende le chemin parcouru avec admiration, je me rappelle qu’un jour il a commencé de zéro, comme moi. Bizarrement, je ne me sens plus à l’écart. On ne fait pas la même chose, c’est tout.

Oui, je suis définitivement passée de l’autre côté de la barrière.

 

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