Vie intérieure

J’ai eu 30 ans

Est-ce que je sais comment j’en suis venue à prioriser ? Pas vraiment, non, mais je sais que c’était cette année. Je me souviens des trahisons, cette cascade de trahisons, et puis des amitiés indéfectibles. Je me souviens d’une soirée de onze heures et d’une rencontre incroyable sur un canapé inconfortable. Je me revois poster ce premier article il y a un an jour pour jour, hésitante. Saurais-je être régulière, cette fois ? Je me rappelle être tombée amoureuse et je repense aux nombreuses versions de cet article. Trop d’événements qui s’enchevêtrent et qu’il faut séquencer, ranger, organiser. Des émotions, des larmes, des hurlements de rage dans l’ascenseur, des jours sans manger, des fous rires sur un terrain de badminton, du froid, et cette chaleur, oui cette incroyable chaleur de la colère. L’injustice et des remarques déplacées, un nettoyage au savon noir, Prague sous la neige, le pincement de la peur et le vertige de l’amour. L’inspiration subite autour d’un lac dans les Alpes françaises, Camille Hardouin, les post-its au mur et le gainage en barre à terre. L’odeur écœurante de la tequila qu’on vomit, la fainè sous le soleil sarde, l’attente. La longue, insoutenable attente. L’ennui, le vide, et puis soudain le plein. Tout renverser et tout reconstruire. Le nouveau bureau, l’odeur de la peinture fraîche et du changement, la nouveauté, oui, le tsunami de nouveautés. Avoir voulu devenir cette fille et puis un matin, être cette fille finalement. Les joies les peines les essais les ratages, les victoires. Les décisions, les fins de compromis, le ras-le-bol et le moi-d’abord. La soif, l’eau parfumée au citron, les blancs aux échecs, les échecs tout court. Peu d’échecs, finalement, et aucun regret. Oui, aucun regret.

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