Photographie

J’ai acheté un livre au salon de la photo, et j’ai bien fait

Déjà j’avais pas envie d’y aller à ce salon. J’avais mes places depuis des mois mais j’en avais marre de perdre mon temps à faire semblant alors qu’il était évident que la photo ne voulait pas de moi (je suis un être ordinaire et des fois, moi aussi je sombre dans la victimisation). Mais malheureusement pour moi, j’avais trop bien vendu le concept à ma coloc de toujours et elle m’y a traînée (limite de force, oui d’abord). Elle m’a même fait regarder les programmes des conférences pour te dire.

Alors on y est allées, j’ai assisté à une conférence, j’ai posé une question (pertinente), glané des tote-bag (of course) et des badges (obviously), je me suis abonnée à un magazine indépendant (rebelle un jour, rebelle toujours), inscrite à un forum, et puis finalement, j’ai acheté un livre.

J’en ai marre d’acheter des livres de photo. Sérieusement. Il y a deux étagères dans mon salon qui débordent de revues et de livres photos que je n’ai jamais ouverts mais que j’ai récupéré dans l’espoir de m’autoformer et de faire ma culture. Toujours cette idée qu’un bataillon de livres peuvent remplacer un être humain. Alors c’est certain que c’est pas une pile de livres qui risque de coucher avec mon ex, mais la vérité c’est que c’est encore de l’argent perdu pour une passion qui ne débouchera sur rien, non ? C’est bon, on commence à être habitué. Les parfums, les requins, le tricot, la guitare (une sacrée bonne blague, la guitare), Sherlock Holmes, les plantes, le maquillage, les cheveux, le chant, l’histoire, les massages, et tu sais quoi ? même l’écriture, tiens. Alors arrête de nous emmerder, t’as pas de matériel, t’as pas de prof, la photo ne veut pas de toi on t’a dit, putain.

J’ai quand même acheté un livre, mais je crois que c’est surtout parce que je suis incapable de ne pas acheter de livre.

C’était compliqué parce que je ne voulais pas n’importe quoi comme livre, mais surtout que je savais exactement ce que je voulais. Il me fallait un livre qui m’apprenne quelque chose, pas juste un étalage de jolies photos. Mais pas juste des conseils froids, non, j’attendais un livre qui éveille ma conscience de photographe et m’aide à me construire.

J’ai tourné plusieurs fois en rond dans la boutique et j’ai pris ce livre dans la main, sans trop savoir pourquoi lui. Je l’ai posé. Je suis allée le reprendre. J’ai lu deux fois la quatrième de couverture. Je l’ai reposé une fois encore ; j’ai refait le tour. Je l’ai repris. J’ai regardé le prix ; il n’y avait pas de prix, et je l’ai pris quand même.

Il a traîné deux semaines sur la table de mon salon, en sursis, prêt à rejoindre ses compatriotes entre les étagères de mon salon. Puis j’ai dû prendre le train et, puisque j’avais décidé de reprendre du poil de la bête, et que lire sur la photo ne me ferait pas trop de mal, c’est lui que j’ai décidé d’emmener.

J’ai écrit pendant une heure et j’ai fini par l’ouvrir, un peu en traînant des pieds.

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Ça va, en fait j’ai compris pourquoi c’était lui que j’avais choisi.

« Savoir ce qu’on aime, c’est savoir où on va »

Vaïana

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