Vie intérieure

J’ai pas envie d’avoir 31 ans, mais je crois qu’il est temps

Le temps de l’action est venue. Des actions un peu cons, des fois. Que veux-tu, il faut bien faire avancer les choses. C’est sûr que ça serait plus simple si tout le monde était gentil, compréhensif, et empathe. Si au lieu de voir ce qu’ils avaient envie de voir, au lieu de tirer la corde jusqu’à faire exploser votre humble servante, ils s’intéressaient sincèrement à ma personne. Non mais calmons-nous, je ne vous ai pas fait venir pour m’épancher sur mon malheur. Ça va même plutôt bien tu sais. J’ai morflé cette année, vraiment morflé. Le passage à la trentaine, je l’ai senti passer. Il a été fort, il a été triste, il a été drôle, curieux et exaltant. Il a tout renversé sur son passage et il m’a gentiment regardé essayer de me reconstruire pierre par pierre. J’ai reconstruit, gentiment et dans mon coin. Tu vas pas en revenir, mais ça n’a pas empêché les gens de continuer à me faire chier.

J’en ai marre de morfler, tu sais. J’en ai marre qu’on me marche sur les pieds, j’en ai marre d’attendre qu’on veuille de moi, et j’en ai marre de souffrir. Un matin je me suis réveillée et j’ai constaté que je n’étais plus seule. J’avais tout reconstruit autour de moi, un nouveau cocon de confiance. Parlons-en de la confiance. Que lui a-t-on fait à ma confiance cette année ? Piétinée, ridiculisée. Pas grave, en fait.

J’ai cru que je restais et puis en fait j’ai reculé de peur. J’ai regardé les noirs attaquer mes jolis pions blancs *, je me suis repliée d’angoisse autour de mon roi, et puis j’ai oublié d’attaquer. J’ai libéré de l’espace, les noirs l’ont envahi.

Et tu sais quoi ? J’en ai marre de me faire emmerder. J’en ai marre d’avoir peur, j’en ai marre de souffrir. J’en ai marre de craindre de perdre, parce que certaines choses sont de toutes façons perdues d’avance. J’ai envie de perdre avec panache, j’ai envie de perdre avec éclat. J’ai plus envie qu’on me touche et je ne suis plus à un grand ménage près, tu sais.

J’ai tout reconstruit. J’ai de meilleures défenses, et puis surtout, je n’ai plus peur. J’ai balayé 30 ans, et maintenant il est temps que les choses reposent en paix.

* Je me suis mise aux échecs ça m’a rendue philosophe

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