Photographie

Où je suis moins nulle que prévu aux fléchettes

Samedi soir, alors que je m’étais d’ores et déjà engagé avec un acharnement certain dans la soirée la plus régressive du monde (biscuits/jogging/marathon séries/débauche d’écriture/hygiène de vie au niveau zéro) une de mes potes décida qu’il en serait autrement et me proposa d’aller boire un verre. Bon, à ce stade, j’étais clairement et volontairement dans le déni le plus total. Boire un verre, dans ma vie actuelle, ça n’existe pas, ou ça s’appelle de l’ennui. Boire un verre pour rentrer se coucher tôt parce que le lendemain on a formation et qu’en plus c’est le changement d’heure, par exemple, se transforme parfois en boire cinq verres et tiens si on ouvrait aussi cette bouteille parce que de toutes façons, quitte à ne pas dormir, autant le faire bien et cuver sa gueule de bois peinard en formation (meilleure gueule de bois de ma vie, accessoirement). Du coup, après avoir pris le temps de culpabiliser de m’être enfilé deux boites de biscuits alors que je n’avais même plus l’excuse de la solitude, et avoir mis de l’ordre dans mon apparence physique (et abandonné mon amour de jogging) (je suis même allée à la banque une fois avec) (c’était il y a plus de trois mois et ça me traumatise encore, ce qui me fait penser que ce n’était peut-être pas une bonne idée), j’ai embarqué mon appareil photo et je suis partie.

Puis je suis remontée reposer mon appareil photo. Et je suis rede… Laissez-moi vous expliquer : ma pote est toujours en retard, ce qui me laisse une marge personnelle correcte (sachant que j’ai aussi tendance au retard, juste un peu moins.) (Il y a deux jours on s’était donné rendez-vous à 20h et on a passé dix minutes à s’ébaubir sur le fait que j’avais deux minutes d’avance et elle seulement deux minutes de retard). Marge que j’ai donc sagement employé à déterminer si oui ou non j’allais emporter l’appareil certes charmant, mais vraiment encombrant (bon sang, il se planque où cet enfoiré d’appareil compact ?) de mon cher et tendre, tout ça pour boire un verre. Tout ça pour déduire que non, bien sûr que je n’allais pas prendre de photos dans un bar, voyons. Voyons.

Bien sûr que j’ai regretté ma décision cent mètres plus loin, et bien sûr que j’ai pris des photos dans le bar. Tout comme j’ai découvert que j’étais incapable de lancer correctement une fléchette quand un inconnu me regarde ou quand on suggère qu’un inconnu me regarde (j’ai des copains sympas) (et ma confiance en moi est au top, c’est gentil de demander) (j’ai même réussi l’incroyable exploit de lancer deux fléchettes sur l’armature en fer de la cible et les voir rebondir) (ce qui à la réflexion est d’une telle précision qu’on aurait dû m’octroyer des points supplémentaires rien que pour ça). J’ai aussi testé un soft* qui n’a de soft que le nom. Ça s’appelle Pimento spicy ginger et comme j’ai décidé de vivre dangereusement, j’ai complètement fait fi du fait que ça contenait du piment et que le piment ça passe pas toujours comme on voudrait et qu’accessoirement, je ne suis pas une grande fan de gingembre (ok, c’était un choix complètement con). Et bien putain les mecs c’est TROP BON. C’est même meilleur que pas mal d’alcools (et ça a EXACTEMENT le même effet sur moi).

J’aimais bien la citation et je me suis tentée des petites mises en scène sur le thème. On notera que pour la suivante je me suis (encore) plantée dans le cadrage. La fille si obsédée par ce qu’elle veut qu’elle en oublie de regarder ce qui rentre dans le cadre alors que ça ne devrait pas… (Penses-tu que ça me serait venu à l’idée de déplacer une chaise…)
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J’ai aussi commencé à investiguer du côté du portrait, ce qui est plus difficile qu’il n’y paraît quand certaines personnes nous inspirent, d’autres pas, et qu’on est fatalement inspiré par les gens qui n’aiment pas être pris en photo… Mais encore une fois j’apprécie la spontanéité de la photo !

Sinon, comme j’imagine que c’est un suspens insoutenable pour vous, j’ai quand même brillamment gagné une partie. Mais comme personne ne me regardait, je ne sais pas si ça compte vraiment.

* Oui j’ai toujours l’espoir de tenir mon mois de détox

Crédits photos : philomenalphenomene.fr

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